Comédie de la Mansonnière
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Dom Juan, de Molière
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Est-il encore besoin de présenter l’histoire de Dom Juan, séducteur invétéré plus fasciné par la conquête que par l’amour, dont nous suivons, sous l’œil témoin de son valet Sganarelle, moraliste pleutre et lâche, les succès et les revers qui l’entraînent inexorablement vers l’abîme et la déchéance.

Sur sa route, une de ses nombreuses épouses abandonnées, deux jolies paysannes sous le charme, mais aussi un paysan revêche, un pauvre ermite mendiant, des frères jaloux de l’honneur familial, un père pontifiant et naïf, la statue du Commandeur, qui précipitera sa perte. Et deux muses, deux égéries, les âmes damnées de Dom Juan…

Notre Dom Juan se veut esthète, joueur, détaché, sans aucune veulerie. Il n’a aucune leçon à donner, il n’est porteur d’aucun message – il est bien trop tourné sur sa propre personne pour cela ! Seule la beauté du geste compte : du geste de séduction, quelque prix qu’en paye sa victime, du geste de courage (« non, non, rien n’est capable de m’imprimer de la terreur »), du geste de défi (« il ne sera pas dit, quoiqu’il arrive, que je sois capable de me repentir »).

C’est cet esthétisme que nous avons voulu créer sur scène, autour d’une scénographie simple, dépouillée, gracieuse, d’une grâce soulignée par la musique, parfois magistrale, souvent intimiste, la lumière, qui souligne chaque atmosphère particulière, et surtout renforcée par les deux muses de Dom Juan, qui le suivent, le tentent, le séduisent, le repoussent, servent ses amours, servent ses ennemis, subliment sa grandeur et précipitent sa décadence…

Si cette recherche esthétique donne à entendre le principal, le texte, la langue de Molière – nous aurons gagné !

Dom Juan – Antoine Ceillier
Prix d’interprétation Masculine aux Festival de St Cloud (Le Minotaure, de Marcel Aymé), Pacy sur Eure et Bougival (Une Femme sans Importance, d’Oscar Wilde)

Sganarelle - Frédéric Bourgougnon
(Best Actor Award, au Festival International de Liverpool, Canada (Les Maxibules, de Marcel Aymé)

Gusman, Le pauvre – Pierre-Yves Blanchard

Elvire – Laure Boinet

Piarrot – Jean-François Lecomte
Prix d'interprétation masculine pour le rôle de Chicho dans la "Nonna", festival de théâtre de Maisons-Laffitte, 2008

Charlotte – Béatrice Biessy
Prix d’interprétation féminine pour un second rôle, Festival International de Liverpool (Les Maxibules), Festival de Pacy sur Eure (Une femme sans importance)

Mathurine – Donatienne Voisin

Dom Carlos – Grégoire Biessy
 (Prix du jeune premier, Festival de Bougival)

Dom Alonse - Thibault Decré

Dom Louis - Yves Chambert Loir

La statue du Commandeur – Bruno Decré

Les Muses – Maylis Coupry, Chloé Jamin Changeard

Mise en Scène : Sébastien Biessy
Costumes : Fred Decré, Hélène Albert
Décors : Bruno Decré


Pour aller plus loin: http://domjuanmoliere.vefblog.net/
Dom Juan: deux critiques
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Parole Caracole - Lundi 21 mai 2012

Deux mots : Magnifique ! Grandiose !

DOM JUAN, comédie et tragédie. Le jeu des acteurs de la troupe de la Comédie de la Mansonnière est époustouflant. Le rythme des répliques dynamise les sujets importants abordés dans la pièce.

Sganarelle, valet comique, dépositaire des valeurs de la raison, de la morale et de la religion a un rôle complexe où l'acteur se surpasse dans une prestation royale. Sa voix grave et son ton sérieux occupe l’espace. Dom Juan, libertin, noble, abuse de son statut social prestigieux. Les expressions du visage de l'acteur, son timbre de voix et sa gestuelle donnent au personnage de Dom Juan toute sa force d'existence.

Les paysans, Pierrot et Charlotte, dans un patois incompréhensible, nous transportent par leur jeu ; les répliques pleines d’humour deviennent audibles. A souligner la prestation formidable de Charlotte qui nous dévoile ses deux visages. Il faut également relever le rôle d’Elvire, l'actrice est remarquable dans son appel ultime à la conversion de Dom Juan, ou bien est ce un appel à une ultime séduction ?
Enfin, la performance émouvante de Dom Luis est à noter, sa voix transmet si bien son émotion et son désespoir.

La lumière illumine plus ou moins chaque scène suivant l'importance du tragique, la couleur rouge représente la mort et l'enfer.

Deux muses discrètes, des acteurs qui entrent et sortent sans cesse ; une mise en scène parfaite qui tient le spectateur en haleine, le laisse captivé.

La plus belle récompense des acteurs, furent les applaudissements et l’ovation du public enchanté et souriant à la sortie du théâtre.
Bravo !

Marie Julienne
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DOM JUAN

La mise en scène de Dom Juan, joué par la Comédie de la Mansonnière, est tout à fait sublime. Six statues de marbre sont éclairées en fond de scène. Un banc de pierre servira aux poses des acteurs. Des femmes, les muses, revêtues de blanc déplaceront les statues au cours de la pièce, les voileront de noir ou de blanc selon le contexte et accompagneront délicatement les acteurs, en les mettant en valeur.

Sganarelle apparaît comme le personnage principal, d’une voix forte il fait la morale à Dom Juan, ne cachant pas sa propre hypocrisie. J’aurais aimé que Dom Juan déjà excellent nous séduise encore davantage en amplifiant son rôle par un ton plus expressif et une gestuelle plus marquée. Pierrot s’exprime génialement en patois. Mathurine, à l’accent paysan, et Charlotte, plus raffinée, se disputent l’amour de Dom Juan d’une manière très réaliste. Elvire se déchaîne dans une colère à laquelle le spectateur adhère. Nous nous sommes laissés entrainer par la fougue jeunesse de Dom Carlos.

Les jeux de lumière et la musique de Mozart entrecoupent chaque scène agréablement. Les acteurs font ressortir le texte en prose de Molière. Le tombeau du commandeur remarquablement représenté nous amène au terme de la pièce où mensonge et vérité, existence et non existence de Dieu, seront évoqués subtilement.

Edith Fandeur

Une Femme sans Importance, d'Oscar Wilde
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Complimenté pour l’intrigue d’Une Femme sans importance par Tree – comédien et propriétaire du théâtre de Haymarket qui créa la pièce, Oscar Wilde s’offusqua : « Les intrigues sont assommantes. N’importe qui peut les inventer. La vie en est pleine. On est même obligé de les écarter des pieds et des mains tant elles se bousculent devant soi ! ».

Et d’ajouter : « J’ai emprunté le thème au Family Herald, qui l’a lui-même déniché dans mon roman, le portrait de Dorian Gray. Les gens adorent voir un aristocrate corrompu séduire une pure demoiselle, et ils adorent aussi que la vertueuse enfant se fasse suborner par le méchant Lord. »

Dans sa propriété d’Hunstanton, Lady… Hunstanton reçoit quelques amis – de beaux esprits à la conversation brillante, au détour de laquelle se tisse peu à peu le drame qui verra Mrs Arbuthnot, femme victorienne déchue, défier et terrasser Lord Illingworth, son séducteur…

Prix du Public au XIXème Festival de Théâtre de Bougival (octobre 2010)

Distribution

Lady Caroline Pontrefact – Donatienne Voisin
Une anglaise très victorienne, un tantinet parvenue, qui s’est hissée à un certain rang de la société en grimpant sur le dos de ses maris successifs. Un esprit un peu étriqué, petit bourgeois, qui ne manque cependant pas d’être amusant à force d’être péremptoire.

Sir John Pontrefact – Frédéric Bourgougnon
Rentier, aussi désespérément bien élevé qu’ennuyeux, sir John est le produit de son époque et de son milieu : il lit le journal, pose en moraliste – sans pour autant dénier faire un brin de cour aux jolies femmes. Attendrissant de soumission à son dragon d’épouse…

Hesther Worsley – Fanny Delannoy
Jeune et gracieuse américaine, qui croit au mérite et s’offusque au milieu de ces oisifs bien nés qui ne croient … qu’en la Naissance ! Moralisatrice, et par là même fort ennuyeuse – mais qui reste malgré tout si jolie qu’elle pourrait être pardonnée, n’était son puritanisme…

Lady Jane Hunstanton - Valérie Bercovici
Charmante jeune veuve (peu éplorée), hôtesse des lieux qui virevolte, papillonne, mondanise, si soucieuse de l’harmonie de l’ensemble qu’elle ne perçoit plus les drames individuels, même lorsqu’ils se nouent sous son toit. Au demeurant touchante et attachante…

Gerald Arbuthnot – Grégoire Biessy
Jeune homme ambitieux, avide de réussite, dont la naïveté n’a d’égal que sa fascination pour la haute société (« en faire partie est assommant, ne pas en être est un drame ») – mais également assoiffé d’idéal, et qui croît à l’amour – ce qui le sauvera…(ou pas !)

Miss Allonby - Béatrice Biessy
Femme d’esprit, dandy en (ravissants et fort couteux) jupons aux idées très iconoclastes pour la prude époque victorienne, séductrice en diable, pleine d’humour et de charme, dont la provocation à fleur de peau dissimule une forme de douce désillusion…

Lord Illingworth – Antoine Ceillier
Héros « wildien » s’il en est, aristocrate spirituel au verbe brillant, dandy parmi les dandys, esthète égocentrique au scepticisme souvent pertinent, d’une immense séduction mais aussi d’un cynisme forcené – un raccourci de Don Juan, sans rédemption possible

 Mrs Arbuthot – Laure Boinet
 Jeune fille déchue pour avoir cédé aux illusions de lord Illingworth, drapée dans son indignité, recluse et triste, ayant perdu son esprit à force de ressassement – mais dont la propension à la passion reste entière -et par qui la morale sera sauvée …

Francis - Bruno Decré
Valet imperturbable, impassible et impavide, fil conducteur qui relie les personnages aux lieux et au temps

Mise en Scène : Sébastien Biessy
Costumes : Fred Decré, Hélène Albert


Pour aller plus loin: http://unefemmesansimportance.vefblog.net/
Photos Dom Juan
Quelques Photos
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